Les dits du corbeau noir

COMPATIBILTE ENTRE MONDE PAIEN ET MONDE CHRETIEN ? 2016 BRAN DU 08 07 JUILLET

 

Est-il possible de concilier, de rendre compatible, une appartenance à la fois au Monde Païen et à la Chrétienté ?

Voici l'un des causes majeures de bien des confusions et des atermoiements rencontrés de façon récurrente et totalement déstabilisante, dans le cheminement druidique.

 

Pour ce qui me concerne et concerne mon propre cheminement, je ne saurais répondre par l'affirmative sans cautionner autrement de graves dissonances... Il n'y a pas pour moi de conciliation possible...

 

(Sinon en s'élevant au-dessus de toutes les Traditions et en concevant une Spiritualité universelle ; ce qui peut être une voix possible pour accompagner ce troisième millénaire, mais le singulier ayant besoin du pluriel et inversement, une telle voie me paraît bien difficile voire impossible en l'état actuel de tant de divergences accumulées et renforcées...

Chaque mémoire traditionnelle est par ailleurs précieuse en tant qu'expérience spécifique et ne saurait s'effacer et disparaître.

 

Une spiritualité nouvelle supposerait une totale transcendance amenée à sa hauteur. Cela implique de faire du diversifié un "semblable", de tout fragment ou partie un tout... Mais l'uniformité n'est pas l'unicité...

Fragment et Tout sont indissociables...En toute situation ou projection, la préséance spirituelle doit lors demeurer et animer... mais ceci est une autre réflexion, un autre débat un peu prémonitoire !)...

 

Compatibilité ?

Je n'ai pas, à cela, trouvé ni connu d'exemples permettant d'affirmer que cela est possible (même exceptionnellement) ou alors en se hissant totalement dans une dimension spirituelle universelle et planétaire dont la source ou fontaine soit en mesure d'alimenter, de nourrir divinement, tous les ruisseaux conceptuels dans une même et commune « transparence » au sein d'une convergence cohérente d'entendement qui fasse "Océan" de tous les océans de la mémoire, du présent et du devenir...

(Voir ci-dessus une audacieuse ébauche de réflexion à ce sujet.)

 

De toutes les tentatives de dialogues entre le monde païen et le monde chrétien (et ses représentants institutionnels) auxquelles j'ai assisté à plusieurs reprises, je n'ai pu que constater des échecs imputables à l'impossibilité pour une Eglise de se remettre en cause et de dialoguer avec écoute, respect, tolérance et sans crier au « traquenard », ceci parce que les interpellations majeures, mutuellement abordées (y compris celles du public présent) sont jugées irrecevables et inabordables par le dogme chrétien !....

Bien d'autres témoignages de frères et de soeurs ayant tenté un véritable et sincère dialogue vont dans le même sens...

 

La liste des incompatibilités entre les « deux mondes et leurs conceptions fondatrices » est telle qu'une page n'y suffirait pas. (Cette liste, sous forme de tableau comparatif, a été, dans les grandes lignes, publiée dans le livre de Michel Raoult sur les sociétés druidiques initiatiques contemporaines.)

 

Les problèmes suscités par la double appartenance entre ces deux conceptions spirituelles sont récurrents et à l'origine de multiples scissions et dissensions entre les groupes druidisant ; c'est-dire si la compatibilité est des moins évidente et fortement improbable (sauf à dissoner au sein des partitions relationnelles mais, alors, pour quelle réelle harmonie réalisée ?)...

 

Il y a des « druides christiques », il est vrai, (et dignes de respect) et je ne sais comment ils arrivent à pouvoir concilier paganisme et chrétienté sans nuire aux égrégores de l'un et de l'autre ou altérer ceux-ci en leurs fréquences vibratoires spécifiques et singulières ?

 

Tout ne se fusionne pas ; le risque qui en résulte étant le plus souvent la confusion !

 

La bonne volonté et la tolérance généreuse ne suffisent pas pour accorder (avec l’honnêteté intellectuelle et sensible que cela demande) ce qui n'est pas fait ni disposé pour « jouer » ensemble une symphonie spirituelle et cosmique dans l'harmonie et l'équilibre...

 

Le Père Henri Hillion, Père abbé de l'Ordre Monastique d'Avalon (Eglise dite Celtique), n'a pas su trouvé le point d'équilibre et de conciliation entre les « deux Traditions », mais à oscillé de l'une à l'autre à plusieurs reprises et en « perdant » pied au détriment d'une cohérence au sein de sa communauté, laquelle a été amenée à se dissoudre après le décès de leur Père Abbé... (La fondation "néo-païenne" s'est transformée peu à peu en communauté christique et ce non sans fâcheuses conséquences lors de sa dissolution...)

 

Le monde Chrétien s'est depuis toujours acharné à combattre et à faire disparaître toute trace ou pratique du Paganisme. Et ce, dans une violence extrême le plus souvent !

Et c'est encore le cas de nos jours. Vingt siècles de domination, de formatage, d'acculturation, de conversion plus ou moins forcées ou manipulées, n'ont pas suffit !...

 

Le constat réel est des plus simples et des plus évidents :

la France n'est plus et ne sera plus jamais « la Fille aimée de l'Eglise .  Laquelle Eglise s'efface devant l'Islam et ses adeptes. Elle compte moins de 17 % de pratiquants, doit recruter des prêtres en provenance de l'étranger, la vocation à la prêtrise ayant nettement régressée.) etc...

 

Une association charismatique bien connue vient de se transformer en parti politique aux fins de « rechristianiser la France »....

(Entendons par là de faire revenir les brebis égarées au bercail et d'en amener de nouvelles !)

 

Restons dans le constat : la chasse au paganisme reste ouverte pour autant qu'elle ait été fermée un jour !

 

Point besoin de grande études ou d'expériences cumulées pour voir et pour comprendre que le monde païen et le monde institutionnellement Chrétien sont profondément de nature antinomique.

 

Par ailleurs les Forces, Energies et Lumières, plus communément appelées aussi l'Amour, (Lequel concentre et résume cette Triade divine et sacrée), n'a pas seulement deux mille seize ans d'existence et ne serait être l'apanage d'un homme, à visage et esprit de Dieu, aussi respectable et bon soit-il, censé en être l'unique et exclusif représentant et le « fondateur » et dépositaire historique.

 

On a « aimé » avant le « Christ » ; lequel en a rappelé et vécu, de nouveau, « l'incarnation » !

 

Ceci pour dire que le monde Païen (et ici plus spécifiquement celtique) n'est pas exempt des plus hauts sentiments humains et que ceux-ci s'inscrivent et se manifestent socialement, culturellement, philosophiquement et spirituellement dans les conceptions et principes fondateurs de leur propre civilisation...

 

Et, pour ces civilisations d'alors, et bien antérieurement à la « christianisation », tout le vivant visible ou non est sacré et divin et implique le plus grand respect ( y compris celui de la nature et de tous les règnes qui s'y déploient.)..

 

Le don, la générosité, le fait de pourvoir aux richesses et de les redistribuer équitablement en assurant les équilibres et les harmonies qui maintiennent le monde et la vie, tout l'univers donc, sont l'apanage de tout le panthéon celtique ( dieux et déesses)...

 

Pourvoir aux bienfaits, au bien-être, à la bienveillance solidaire, est une fonction divine et sacrée donc s'acquittent de leur mieux et en toute conscience et responsabilité, ceux qui ont charge, dans la société celtique païenne, par leur sacerdoce, ou par le pouvoir royal octroyé et délégué spirituellement, de veiller à la prospérité commune, à l'abondance de bienfaits et à la paix...


Les uns et les autres oeuvrent selon les modèles divins et les conceptions mythologiques et archétypales qui en découlent...

 

L'organisation de la société se structure par rapport à ces modèles et les rapports et lois qui régissent la Compagnie des Dieux et des Déesses tant que rapports et lois demeurent au service de l'Evolution et de la pérennisation harmonieuse de la Vie dans toutes ses manifestations...

 

 

 

Chaque « Tradition » a, me semble-t-il, une onde de fréquence (mémorielle qui plus est) qui lui est spécifique...

Sortir de cette fréquence, c'est ne plus être en mesure (en équilibre et harmonie donc) de communiquer, d'entrer en relation avec le divin et le sacré ; c'est parasiter la communication entre des émetteurs et des récepteurs (transmetteurs et retransmetteurs) dont la « ligne d'écoute, d'entendement est sérieusement « brouillée » !...

 

Si on veut capter plusieurs ondes en même temps (plusieurs émissions donc) et que l'on ne se règle pas sur celle à partir de laquelle nous aurons clairement entendement, nous n'aurons alors qu'un charabia, qu'une discordance incompréhensible et fortement désagréable....

 

Si cela vaut et se vérifie à partir d'un simple transistor, on peut imaginer ce que cela peut produire négativement et néfastement, sur le plan vibratoire de la relation, lors d'un rituel ou d'une initiation au sein d'une Tradition offerte, choisie et donnée qui a sa fréquence propre et qui ne peut supporter, de ce simple fait, des interférences hautement parasitaires !!!

 

Lorsque l'on anime un rituel et que l'on est animé par lui, par le cœur battant et palpitant de celui-ci ou lorsque l'on s'engage, serment en soutien, dans une Tradition dont on a fait élection libre et volontaire, consciente et cohérente, on ne peut « brouiller » les ondes ni au niveau de l'émission et de la réception que nous sommes, ni au niveau de toutes les relations horizontales et verticales mises en présence, en écoute, en attention dans le Cercle de la fraternité spirituelle...

 

Pensées, désirs, volontés et actes se doivent d'être cohérents et en concordance faute de quoi la relation instaurée ne peut s'établir (en mutuelle et réciproque compréhension) entre les émetteurs et récepteurs du rapport souhaité....

 

On ne peut invoquer, prier, solliciter, convoquer, servir, plusieurs « Egrégores » à la fois sans générer et instruire une confusion des plus préjudiciable !....

 

Le monde dit Païen et revendiquant l'héritage actualisée d'une pensée philosophique et spirituelle propre et spécifique à sa Grande Mémoire, a capacité et volonté de dialoguer avec toutes les autres « Traditions » pour autant que celles-ci soit tolérantes, ouvertes et respectueuses à son égard comme elle l'est vis-à-vis d'autres concepts spirituels et sapientiaux...

 

Elle conçoit d'ailleurs l'urgence qu'il y a de puiser dans les sagesses et spiritualités de tous les continents afin de redonner à tous et à chacun une conscience claire des enjeux planétaires permettant de restaurer des équilibres et des harmonies qui font tant défaut pour le devenir meilleur, plus sain, plus pacifique, plus solidaire, de tout le vivant.....

 

Le monde Païen n'est pas enfermé sur lui-même, esclave de ses propres dogmes ou doctrines, il est à l'écoute respectueuse et attentionnée « des mondes »....

 

En lien étroit, heureux, joyeux avec la dimension divine et sacrée, qui est la sienne, avec la Tradition dont il est l'héritier, avec toute la nature et tous les Règnes, il anime le monde profane selon les valeurs altruistes, laïques, citoyennes, solidaires, tolérantes, compassionnelles, aimantes, qui fondent la dignité humaine et témoigne, humblement, mais aussi ardemment, de son Anima sans chercher à convertir qui que se soit à ses conceptions spirituelles et à ses pratiques religieuses spécifiques...

 

Si le monde Chrétien, le monde Musulman, le monde la de la religion Juive ont leurs valeurs propres, le monde Païen entretient et conforte tout autant les siennes ; lesquelles ne sont pas sans passerelles ni parentés avec les autres.

Elles peuvent dialoguer en convergence avec d'autres concepts, mais ce, à partir du moment où le respect, l'écoute, l'attention, la tolérance sont réciproques...

 

J'ai été Chrétien et (en toute et pleine conscience), je ne le suis plus

sans pour autant renier les valeurs quasi universelles rencontrées et vécues dans ce cheminement, ni ce cheminement lui-même, puisqu'il m'a finalement permis de retrouver, au delà des errances et impasses, sans doute « nécessaires », mes sources, fontaines, sèves et racines païennes, qui constituent fondamentalement l'essentialité de mon « Etre au(x) Monde(s) »...

 

Druide je suis, et Barde de surcroît....

Païen autant que la pierre, l'oiseau, l'arbre, la terre, l'eau, le feu et la farine de l'air....

C'est cette « argile » qui me façonne et que je façonne sur ce tour appelé la Roue de l'Année , tour qu'anime un Divin Potier....

(Celui qui fait monter en la faisant tourner, la Terre jusqu'au Ciel !)

 

Clairement, jubilatoirement et lucidement Païen... Sans autres révélations que celles qui s 'éveillent en moi-même, en mon terreau existentiel, en mon « Arbre de Vie », comme un printemps (sans cesse renouvelé) de fleurs puis de fruits...

 

 

Le mot Tradition signifie « transmettre »...

 

Que pourrais-je transmettre d'audible, de recevable, de

compréhensible, si je n'étais pas « réglé » sur l'Onde de Fréquence adéquate pour recevoir autant que pour émettre et retransmettre ce que manifeste, formule, exprime, un « Verbe » Divin en ses multiples et généreuses conjugaisons et « émissions » ?

 

La Pensée Celto-druidique résonne, (ne peut résonner) que sur des fréquences ajustées et réglées et non dans les brouillages cacophoniques et parasitaires d'une idéologie cimentées de concepts dogmatiques...

 

Des Druides Celtes se sont convertis au Christianisme au temps de St Patrick et de son évangélisation de l'Irlande (Lequel « Padreig » se disait être le Druide de Dieu» !)

Ce fut leur choix respectable, mais cela impliquait une rupture totale avec leur ancienne spiritualité et de renoncer, pour toujours, à leur sacerdoce druidique. C'est ce qu'il firent volontairement et en toute conscience...

 

(Le druidisme, il faut le répéter, ne s'est pas perpétué de siècle en siècle, dissimulé sous la coule des moines Celtes définitivement chrétiens.)

 

 

Aujourd'hui, c'est, de plus en plus, un mouvement inverse qui se produit dans un retour tout aussi conscient, volontaire et lucide vers le monde divin et sacré du paganisme originel...

 

Juste et naturel retour des êtres et des choses après de si grands et si préjudiciables éloignements....

 

Il en est, sans doute, des êtres comme de leur société d'appartenance ;

il leur faut se « perdre » pour mieux se retrouver enfin à leur plus juste place !...



08/07/2016
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