Les dits du corbeau noir

En transhumance d'être Bran du sept 2013

En transhumance d'être Vers le Lot, l'Aveyron, la Corrèze Bran du SEPT 2013 (Retour via Nantes et Rennes) et une réflexion sur le cerveau...

 

Aller à pieds

Sur de poétiques semelles ;

User sa pensée sur le granit du monde....

 

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L'acacia, le vinaigrier, la « canne » américaine, la clématite sauvage, le buddleia, L'armoise, le sureau, voilà ce qui peuple les terres délaissées, les friches, les jachères, Les terrains vagues...

Notre propre jardin n'est pas sans herbes folles, sans ronces ni orties, bien que nous Croyons les avoir bannies au non d'une esthétique conjuguant confort et sécurité...

 

Il est temps de restituer à la nature ses droits et à l'homme de se rappeler à ses devoirs Envers sa propre et vraie nature....

 

Il est temps de réconcilier en nous le sédentaire et le nomade en des veillées où les Récits de l'un réveillent les rêves de l'autre...

 

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Nous ne voyons que ce que nous voulons voir omettant de regarder ce qui nous Dévisage pour nous interpeller....

 

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Il n'y a pas foule à la gare de triage

Pour ceux et celles qui croulent

Sous l'amoncelé....

 

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Les regrets sont des miroirs

Que l'on n'a pas su, pas voulu, pas oser, traverser...

Ils nous font face, obstinément,

Tant que l'on se ment, que l'on se masque la vérité...

Ils sont l'exact reflet de nos renoncements

Et de nos rêves brisés !...

 

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Il n'avait, jusque là, point soupçonner ses ailes ;

Mais, pour son envol,

Elle fit qu'il les recouvra....

 

La tendresse, c'est ce qui reste

Quand tout a été, du corps, consommé ;

Elle demeure lors l'allumette des futurs brasiers...

 

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Pourquoi faut-il, même loin de chez eux,

Que les touristes arborent en tous lieux

Leur pavillon de banlieue ?

 

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S'étant baignée nue et, cela va de soi,

De toute fausse pudeur dévêtue,

L'eau d'ici devînt, un instant pour elle, l'Au-delà !

 

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En Beauce comme en Brie,

Les forêts d'éoliennes ont remplacé celles jadis feuillues,

Abattues pour une rentabilité accrue,

Au nom d'une productivité forcenée

Qui détruit les semences mêmes de la Vie...

 

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D'année en année, mon plaisir demeure ; ma joie est renouvelée

De cueillir noisettes au noisetier, pommes au pommier et mûres au mûrier....

Aussi ma jouissance demeure à récolter au verger de mon cœur

Le fruit de l'arbre de mes pensées....

 

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Pourquoi, tant de mort, de fruits qui se meurent

Déposés dans la corbeille de l'automne

M'enchantent d'une beauté qui étrangement résonne

En cet instant où s'égrainent des heure

Où se décompte la vie d'un homme ?

 

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Des arbres meurent, par des lianes étouffés

Qui détournent à leur profit la vitale lumière....

Il est en nous un semblable et ténébreux couvert

Auquel nous ferions bien de songer

Avant que nous empoigne la toute obscurité !

 

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Pourquoi parler, pour ne rien dire,

Quand, si éloquent, est le silence ?

 

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Sa moisson était engrangée

Mais, il ne restait plus rien à glaner

Au champs de son existence !

 

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La course du soleil ;

Celle des nuages dans le ciel

Et celle de l'homme après lui-même, le cœur toujours essoufflé !

 

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Il arrive assez souvent que l'ombre se plaigne

D'une trop grande, trop vive, trop rayonnante lumière

Alors même que c'est ce qui la fait grandir.... dans la clarté !

 

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Au nom de la religion

Ils avaient croisé des mots

Qui périrent en leur case !

 

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Nommer l'insecte, l'arbre, la plante

Avant que la nature n 'effeuille mon prénom

En ne laissant de sons qu'une vibration, libre, nue et qui m'enchante....

 

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Imaginez une immensité de labours

Et pas une fleur, pas un arbre, pas une onde....

Ainsi le désert de l'amour qui ne sait qu'exploiter !...

 

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Jour en blanc

Dans le jardin attenant :

Des draps à sécher...

 

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Tous les lieux-dit

Ont une histoire

Qu'on tend à oublier....

 

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Tout est prétexte à philosopher,

A vivre sa vie, à mieux la penser ;

Tout est sagesse, en vérité...

 

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Pour vivre,

Il essayait d'accorder les touches noires et blanches

De son accordéon multicolore....

 

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L'une des fonctions de la poésie

Est de nourrir les poètes

Qui, de vivre, sont affamés....

 

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La vie : il y a la souterraine

Et il y a l'aérienne et puis l'entre deux....

C'est être Arbre que je veux !

 

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Cétoine vrombissant parmi les mûres

Alors que le noyer est à ses noix

Et le ciel à ses nuages....

 

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Cazelle * sous les chênes noir

- Une forte odeur de mouton -

Les cèpes absents au rendez-vous.... Cazelle : abri pour moutons, rond et en pierre sèche avec un toit en encorbellement

 

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Pommiers reconquis par la haie ;

Pommes à cidre ou à cochons

Appréciées encore des oiseaux....

 

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J'aime tous les canaux qui mènent à une rivière

Dont le limpide écoulement m'est entendement...

 

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Je suis venu te voir

Pour apprendre à regarder

Un beau reflet du monde....

 

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Quand on sait se rapprocher enfin d'un corps féminin qui veut bien s'abandonner dans Les bras de la tendresse, on est anxieux, on « stresse » ne sachant quel feu engendrera La liesse, comment le un au deux fera tenir promesse de joyeuses tresses pour le cordon amoureux.... Pour le corps.... Don.... Amoureux

 

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Une femme vous appelle

Puis vous rejette :

- Mâle consommé - !...

 

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Entre Figeac et Brive la Gaillarde  (T.E.R)

 

Les nuages ont tant de choses à nous dire

Sur le temps qui passe

Et sur ce qui, comme eux, est éphémère...

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La Borie * au toit crevé

N'engrange plus

Que les moissons du ciel.... * Bories : ferme dans le Lot

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Emballés, enthousiastes, ces jeunes qui criaient :

« - C'est trop ! C'est trop ! »

Mais on ne savait jamais par rapport à quoi !...

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Les jambes moulées dans un nylon noir

Les pensées en élastiques

Une jeune femme d'une vingtaine d'années...

 

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Facebook ! Facebook !

Un seul but pour cette adolescente :

Augmenter sa « collection d'images » !...

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Septembre, la fleur commence à se faire rare...

Pour l'homme aussi

Dans l'automne de sa vie !

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Roc Amadour... Je n'en verrais que la gare

Avec des tilleuls aux feuilles roussies

Et des vignes vierges ensanglantées...

 

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Deux pèlerins en pèlerine...

Deux marcheuses sur le chemin de ST Jacques...

Aussi compostent-elles !

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Pour tous ces jeunes ;

L'oreille collée sans cesse à leur portable,

Il semble bien que la vie ne tient, téléphoniquement, qu'à un fil !...

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Les arbres, ici,

ni vieux, ni anciens, ni vénérables...

Ils ne durent pas plus que la vie d'un homme !...

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Le logiciel amoureux :

Se coller, fusionner, ouvrir, s'insérer, éjecter, fermer, effacer, quitter....

Supprimer !....

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A voir l'état de certains habitats

On ne se douterait pas que, parfois,

le bonheur habite là !

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Ocre, rousse, blanc crème, beige...

La robe des vaches

Qui broutent le manteau pelé de l'été....

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Tant que la beauté me saute encore au visage

Je peux encore me hisser

Au-dessus de la laideur !....

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Ici les murs sont blancs ; le cœur y bat d'un autre sang ;

C'est le Quercy de la noblesse

Toujours sur les hauteurs...

 

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Autre parcours : Entre Nantes et Rennes

 

Le fumier, en tas,

Au bord des champs,

Attend de fertiliser la terre...

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L'herbe, en Ouest,

Plus drue, plus verte, plus prodigue, plus foisonnante

Que celle du Sud....

 

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Ce matin, sortie de la brume,

Une biche, au bord d'un chemin,

Regarde passer « l'Intercités » ….......... (Trafic SNCF entre deux villes)

 

Pour exprimer ces trois lignes, les formuler, les agencer, respecter les règles orthographiques et faire choix d'un langage approprié, de la justesse de sa représentation et de sa compréhension pour le lecteur... j'ai eu recours à mon cerveau et au sein de mon cerveau à toute l'hyper complexité de son fonctionnement, électrique et chimique... soit à « Cent milliards de neurones reliées à d'autres neurones et constituant un réseau estimé à mille milliards de connexions... »

Il m'a fallut mobiliser le tronc cérébral, le cervelet, le diencéphale, le télencéphale avec ses deux hémisphères droit et gauche ( ce dernier, plus spécifiquement attribué au langage, mais sans exclusivité car pouvant composer avec le cortex cérébral)...

Tout cela mis en branle au sein d'un système nerveux gouverné par le jeu des neurones (cellules nerveuses) (circulation des infos et données) prolongés par des dendrites (fibres transmettant des signaux électriques) ; les dits neurones étant connectés entre eux par les neurotransmetteurs et ce par le biais des synapses qui animent les « aires de conjonctions »...

 

Il aura été nécessaire à l'homme, pour formuler les quelques phrases poétiques précitées, d'une œuvre de quelques milliards d'années et d'une évolution constante des facultés et capacités de son cerveau en état fonctionnel permanent et poursuivant son évolution....

 

Ceux qui étudient le dit cerveau nous apprenne ceci :

« La formation des souvenirs fonde l'identité personnelle et sociale d'un individu...

Apprentissage et mémoire oeuvrent de concert »....

« l'apprentissage est la façon dont on acquiert de nouvelles informations sur le monde, et la mémoire celle dont on emmagasine ces connaissances au fil du temps. »

Eric R Kandel (Prix Nobel)

Il est rappelé aussi que « le cerveau ne s'use que si l'on ne s'en sert pas ! »...

 

« Toutes les infos traités par le cerveau ne sont que de l'électricité qui passe de neurone en neurone et ne s'arrête que pour être convertie en énergie chimique chaque fois qu'elle franchit une synapse... »

 

La zone la plus ancienne de notre cerveau est le TRONC cérébral qui est une extension de la moelle épinière (cette partie gère les actions de base les plus nécessaires à notre survie : battements du cœur, respiration...)

 

(Avec le tronc et les racines des dendrites nous avons de nouveau là des correspondances inintéressantes avec la notion d'homme conçu analogiquement comme étant un « Arbre de vie »)....

 

Le numéro spécial de NATIONAL GEOGRAPHIC de ce mois nous dit ceci du cerveau :

« Les souvenirs sensoriels ne durent qu'une fraction de seconde »

« Il est paradoxal que l'organe par lequel nous comprenons le monde en sache si peu sur lui-même... Environ 1,5 Kg de chair crée un univers entier à l'intérieur de notre tête....

De la symphonie incroyablement complexe de réactions électrochimiques du cerveau humains naissent la conscience et l'esprit, des sentiments allant du sbtil au sublime...

Ceci étant une aptitude unique propre à l'homme cet homo sapiens « l'homme pensant » et conscient d'être conscient... »

 

Conscience, esprit et mémoire sont requis pour notre compréhension du monde et de nous-mêmes alors n'hésitons pas en en faire le meilleur usage possible face à tant de gaspillage fonctionnel et éthique d'une telle dotation....

 

Nous avons besoin de souvenirs même éphémères, même fragmentaires et partiels pour nourrir notre présence au monde et nous projeter de nouveau en avant... C'est aux souvenirs que nous faisons appel dans les passes difficiles et c'est avec cette « valise » que nous attendrons, sur le quai de l'ultime échéance ,le Grand Départ...

 

Alors qu'attendons-nous pour nous fabriquer, pour inventer, pour créer, pour enfanter, de beaux et heureux souvenirs ????

 

L'écriture poétique procède de cela, de ce besoin, de cette nécessité....

 

Alors merci à ce matin brumeux et à cette biche sortie du drapé du ciel de m'avoir offert ce souvenir et cette mémoire en ayant orchestrés pour cela ma symphonie cervicale !

 

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Qu'est-ce que nous attendons véritablement, fondamentalement, essentiellement, de l'autre semblable et différent, complémentaire qui plus est ?

 

Une présence, aimante et plaisante.Un accompagnement sensible et intelligent...

 

Un soutien, une compréhension, une complicité tacite...

 

Un partage, des échanges, un dialogue fructueux....

 

Une attention, une qualité d'écoute, un entendement...

 

Une stimulation, une émulation, un encouragement...

 

Une reconnaissance, de la gratitude, le sens du remerciement...

 

Le sens de l'offrande, du don, du rituel, de la célébration...

 

De l'imagination, de la novation, de la création...

 

De la résonance, de la concordance...

 

De la pondération, de la tolérance...

 

Mais aussi, une sérénité, de l'humour, de la fantaisie...

 

Le sens de la constance, de la mesure, de l'équité...

 

Et un grand amour de la vie

 

Dans une recherche de l'équilibre et de l'harmonie...

 

C'est donc lui demander beaucoup de qualités et de facultés à cet autre censé nous aider à mieux nous connaître, à nous faire évoluer pour que nous puissions mieux animer notre existence, découvrir et développer nos potentialités, facultés, talents et compétences...

 

« Je veux nous « connaître » ( naître avec notre être profond)

 

puis nous « reconnaître » ( naître de nouveau et ensemble) et ce avec « reconnaissance » (en faisant appel à la naissance ou renaissance de tous nos sens assemblés) …

 

Je veux , je souhaite, que nous soyons en cela et par cela « reconnus » » (nus avec et de nouveau) par tout le cosmos, tout l'univers, nés ou renés en une origine première, en une genèse recommencée afin que nous soyons remis au monde, neufs et jaillissants.... »

 

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Entre Brive La Gaillarde et Figeac.... Septembre 2013 Bran du

 

 Des méchantes pierres grises qui font de grossiers murets

Tant elles refusent, entre elles, de s'épouser, de se conjoindre en leurs aspérités...

 

Elles clôturent de leur amas informe des terres ingrates et pauvres où la roche affleure de partout... Les herbes rases se dépêchent de pousser pour ne pas être brûlées dans une marmite de rocs...

 

Les chênes noirs prolifèrent ; certains sont domestiqués, ce sont des chênes truffiers laissant espérer à leur propriétaire, une manne d'or noir....

 

Les champs sont quadrillés par des noyers au garde-à-vous aux fruits petits mais d'un fort goût qui iront alimenter les pressoirs à huile...

 

Les troupeaux d'oies en semi-liberté parcourent leur enclos dans une cacophonie quasi permanente...

 

Les villages sont perchés, parfois incrustés dans la roche... Ils veillent et scrutent les vallées en guettant on sait plus quel danger, mais une menace qui ne peut venir que d'un ailleurs d'autant plus redouté que non identifié...

 

Ils se tiennent là-haut entre lune et soleil et se constellent la nuit de noël aussi bien que dans le ciel de la Nativité..

 

Les gares paraissent si anciennes, si délaissées, si à l'écart et si peu entretenues (sauf à Figeac) que l'on ne serait pas étonné d'y voir attendre un fiacre avec son cocher !...

 

Ce n'est pas vraiment la garrigue et ce ne sont pas tout à fait les Causses, le buis y est rare... Les places empruntent à la Provence quelques platanes et quelques fontaines, mais moins riantes...

 

Les moutons ont fait leur résidence de ces lieux avares en herbes hautes et tendres...

La terre, par endroit, creuse sa paume pour leur donner à boire...

 

Qu'a t-il donc bien à lui que ce pays qui semble avoir plus de ses voisins, mais en plus réduit, en plus menu ?...

 

Il faut rejoindre le creux des plaines et le serpentin des eaux pour trouver quelques bordures de maïs, des pâturages plus gras et donc du foin pour les bêtes...

 

Les corbeaux et les chiens ne sont point maigres, c'est donc un pays où l'on mange à sa faim... Et, aux dires des humains, somptueusement parfois quand la table se garnit de gâteaux aux noix, de foie gras, d'aligot venu de l'Aveyron voisin, de tripoux, de magrets et autres mets locaux arrosés d'un vin venu des autres départements....

 

Entre église médiévale, demeures seigneuriales, manoirs et châteaux, il y a de la pierre qui vaille que se détournent les cars et les autos...

 

On a aussi du patrimoine mégalithique, des grottes préhistoriques et donc de la manne touristique, sans oublier les grottes merveilleuses qui font les pierres, précieuses.... pour la balance économique....

 

Dans les contreforts rocailleux les buses ont leur domaine qu'elles partagent plus ou moins hostilement avec les hirondelles du rivage....

 

Au printemps il y a tournoi d'ailes dans le ciel et des yeux qui guettent les lapereaux alors que des lièvres se boxent dans la plaine...

 

La pierre y est à profusion qui, bon grès, mal grès, fait des maisons !...

 

Les villages se serrent aux épaules pour se protéger du chaud ou du froid...

A l'automne on gaule les noix et on se retrouve pour des veillées à moultes voix...

 

Ils sont humbles et sans histoire que ces habitats sans grand renom... Ils ont comme partout ailleurs leur monument aux morts que vénère la Nation... Mais le patriotisme s'endort au cimetière des commémorations....

 

Il est fait, semble-t-il bon vivre,et vieillir, sous les tilleuls de l'illusion et sous les marronniers de l'espérance...

 

De trop parler on s'abstient car la sécheresse, très vite, aux lèvres s'en vient et on sait le prix de l'eau, sauf peut-être à l'heure de l'apéro !...

 

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Au bord du déversoir

Le héron surprit

Creuse ses épaules et s'apprête à l'envol...

 

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Une ronde dans les nuages...

L'été tire à sa fin...

Une escadrille d'étourneaux...

 

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Un berger, gaillard comme Brive !

Mais « estampillé »

Syndicat d'initiative !...

 

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Deux cœurs gravés au fronton de la porte

Le couple est parti

Les cœurs sont restés...

 

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Il ne connaîtra pas de l'été

La senteur des figuiers

Ni l'entre figue de ses cuisses...

 

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« La paix, c'est un chemin, c'est un devenir... » Jean Yves LELOUP

 

Il y a tant d'habitats qui ne sont que ruines et abandons

Mais cela n'est rien au regard de tout ce qui gît en nos décombres

Recouvrant d'oubli le foyer sacré de notre originelle demeure....

 

On ne laisse guère à la Terre le temps de se reposer

Une fois l'épi,les graines prélevées,

On lui retourne presque aussitôt le sein

Au nom d'une productivité outrancière...

Comment ne serait-elle pas usée, cette Terre qui est aussi une Mère,

Par une sur exploitation menée à dessein

De glorifier le profit et la matière....

 

Si nous avons tant besoin de nous « évader » au sein de la vacance, c'est bien L'illustration évidente de notre condition de « prisonnier » !

 

Toujours, les grillons s'étonnent de ne point voir d'hommes

Saluer, de leurs chants, le rayonnement majestueux de l'astre du jour

Eux qui pourtant sont sortis de siècles d'obscurité !....

C'est l'automne et, pourtant, il n'est dans la nature aucun gémissement, aucune lamentation au sein d'un lent dépérissement, d'un inéluctable déclin... Les arbres savent bien qu'ils seront bientôt orphelins de leurs feuilles et du doux bruissement de celles-ci...

Comment ne pas songer, lors, à cela qui vieillit en l'âge d'homme quand ce dernier, de sa vie, n'a, en rien, fait la somme et qui demeure, ignorant, méconnaissant, au seuil de son dernier somme de la loi des cycles et des recommencements ?



Le « moi » en soi est finissant alors que le serpent, toujours, croque sa pomme au paradis d'ici, évanescent et qu'il s'enroule autour de l'Arbre de vie qui va naissant en l'infini...



Dans la dualité vibrante et transcendée de la saison, il n'y a qu'une vie profuse, ardente, inventive, audacieuse et obstinée qui interpelle la nôtre livrée à ses agitations stériles autant qu'incohérentes, asservie par des illusions forcenées, écartelée entre contradiction et absurdité...



Je ne connais aucune liane qui dans la nature se refuse à l'élévation vers l'azur, qui ne veuille s'appuyer autant sur la mort que sur le vivant pour poursuivre son ascension jusqu'au terme de son évolution... Ronce, lierre, clématite, chèvre-feuille s'élèvent vers les hauteurs à seule fin de nourrir en leur tréfonds cette loi d'évolution et de pouvoir confier, à la Terre et en son cœur, les semences de la perpétuation....



Les voici, les rayonnants tournesols, gorgés de miel solaire, la tête tournée vers la terre qui saura accueillir, la mort survenue, les semences délivrées par ces porteurs de lumière... Nous, nous passons la tête haute et arrogante, étrangers au ciel comme à la terre, sans graine à enfouir dans cet humus, dans ce terreau, qui nous voulaient hommes féconds dans les emblaves de la vie..



Nous sommes un foyer de vie qui se refuse aux flammes vives du don et de l'amour ; un foyer enfumé par l'étouffement que génère en nous la chape de nos peurs et le bois mort et fortement humide de nos artifices et illusions....



C'est de sentir en moi, en mes morts accumulées, un foyer de braises jaunes rouges et bleues qui fait que mon souffle tisonne les danses écarlates de mon âme...



L'homme à construit des ponts, des passerelles, des viaducs au-dessus des fleuves, des rivières ignorant le marinier qui, dessous l'arche, va, d'amont en aval, d'aval en amont, de source en embouchure, de l'estuaire à la source, passant la vie et ses chargements de lumières...

Le ciel, ce matin est comme il est... Et je suis heureux qu'il me couvre de sa voûte changeante... J'ai côtoyé l 'hirondelle rasant le pré en quête d'insectes et le paysan inquiet pour ses terres ensemencées alors qu'on vient de signaler le passage d'une horde de sangliers....J'ai vu de loin un homme sur son tracteur moissonnant sa journée en navettes studieuses... J'ai vu cela en observateur attentif et apaisé, engrangeant des sons, des couleurs, des senteurs, dans ce grand panier tressé de sang et de nerf, d'os et de chair, de songes et de pensées ; dans cette corbeille que je suis et qui s'en veut récolter les fruits de la sérénité...

Etre en conscience d'être, mes soucis, mes douleurs oubliés, debout sur la terre et chapeauté de ciel, aller comme les mouches et les abeilles, les araignées et les criquets, faire provision d'automne....

Les ronciers, on ne les aime pas, ils sont synonyme d'abandon, de ruine, d'envahissement... Ils rappellent aux hommes leurs amitiés non entretenues, ces rêves délaissés, ces parjures face aux paroles dites et non tenues... Alors on les coupe, on les brûle, mais parfois ils se font oublier et trouve une haie propice à leur développement... Et c'est fort heureux ma fois quand s'en vient la mi septembre de les trouver avec leurs grappes à eux couvertes de fruits noircies et juteux à souhait...

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Les éoliennes tournent en captant l'énergie pour satisfaire le besoin démesuré des hommes...

Pour ce qui me concerne je me demande de quel souffle je vais, aujourd'hui, animé ma vie ?

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Ce qui, ici bas, m’atterre, au ciel, me libère, verticalement !...

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Puisque l'homme ne cesse de sévir à l'encontre même du vivant, autant, nourrir les oiseaux du ciel et les poèmes de quelques mots, pour le service de la vie...

….................................. … / …

Libres, les nuages, de se former, de » se diluer, de se précipiter...

Libres de même mes pensées, voyageuses et flottantes...

…................................ … / …

Etre en randonnée dans la nature c'est retrouver notre profonde et véritable nature, c'est recevoir au centuple ce que nous aurons su lui donner, de notre temps, de notre disponibilité... C'est le lieu de l'Etre par excellence et le lieu de sa naissance puis de sa renaissance... Nul autre espace pour mieux se connaître, pour se mener à l'aventure... et à la découverte...

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Voyager c'est... faire lecture d'un paysage et de tout ce qui le constitue , choses et gens, géologie, climat, formes et reliefs, senteurs, colorations, environnement sonore... Faire un inventaire géo-poétique et se souvenir de ce qui emprunt la mémoire et fait impression. Tout cela, visualisé, perçu, ressenti, découvert, révélé, de façon plus ou moins ordinaire et parfois plus percutante et résonante...



C'est être immergé dans son corps, dans sa chair, toutes ses facultés en phase d'éveil, d'attention et de perception. C'est, à travers le réel, savoir lire également la part d'imaginaire que celui-ci a suscité...

L'attention extrême à ce qui est dévoile pour parti ce qui fut sans préjuger de ce qui sera.

Tout corps paysager a un squelette originel que les hommes ont revêtu d'un couvert parfois spécifique ou au moins, particulier.

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Il y a une jouissance à écrire, à déflorer la page blanche, à partir à la rencontre de cet inconnu qui prendra forme et image et que nous mettrons au monde dans le ravissement d'un visage à la fois semblable et différent du nôtre...

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Dans le fleuve de notre existence, écrire est un déversoir qui régule le trop plein de notre lit et nous évite des débordements souvent catastrophiques tant pour nous-mêmes que pour ceux qui parfois bordent le cours de nos écoulements. Notre superflu déversé le dit écoulement se fait plus calme, plus paisible, plus apaisé et la vie peut enfin s'y refléter sans les troubles boueux et torrentiels du mental...

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L'instant nous fait présent

Ici et maintenant

D'une vie qui nous est offerte

Ouverte à tous nos sens conscient d'être vivants et avides de découvertes !...

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Ne tenir pour vérité partielle, immédiate, comprise, entendue, validée de sens et d'intelligence, que ce qui, en l'instant présent, se présente en équilibre et harmonie en sachant que cela peut être remis en cause par notre baisse de vigilance et d'attention...

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La quête du bonheur n'est ni une mendicité ni une course éperdue et illusoire vers un contentement permanent et éternel , c'est écouter la requête du bonheur lui-même qui, ici et maintenant, veut jouir de l'instant entre densité et intensité, conscience et abandon...



14/09/2013
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