Les dits du corbeau noir

L'AURORE CELTIQUE (SUITE) DE PHILIPPE JOUET EXTRAITS ET NOTES BRAN DU 2016 05 09 SEPT

L'Aurore celtique dans la mythologie, l'épopée et les Traditions...

Philippe JOUET (Extraits)  et Notes Bran du

 

« … L'aurore mythologique est la plus ancienne religion des Celtes...

Epouse du Ciel-Diurne, sœur des Jumeaux divins, Mère du Soleil ; elle est devenue la patronne des poètes et des héros...

Elle est évoquée sous les noms de Brigit, Etain, Olwen, Morrigan, Belisama...

Elle compte des facettes multiples et une dramaturgie...

Elle engendre le conflit entre les Dieux...

Elle est détentrice de la souveraineté...

Elle est annonciatrice des destins...

Elle est le guide sur le chemin de l'Autre-Monde...

Ce sont là des conceptions fondamentales avec leurs thèmes de prédilection comme l'immortalisation du héros qui traverse la longue nuit hivernale, l'expédition dans les tertres enchantés au crépuscule de l'année quand sortent les esprits...

Les rituels saisonniers...

Les grands récits (Batailles de Mag Tured ou les Mabinogi...)

Tout cela restitue les lignes de force d'une cosmologie...

 

Le héros « conquérant de l'année » entretient des rapports avec les puissances de l'Univers... Il transmet à sa communauté les fruits bienveillants de cette expérience quasi cosmique...

 

La Tradition celtique explique la naissance des Dieux par une initiation polaire...
les T.D.D étaient dans les Îles du Nord du Monde apprenant la science et la magie, le druidisme, la sagesse et l'art...

(Nous avons là des éléments d'une culture péri-arctique qui forme la couche la plus ancienne de la Tradition indo-européenne...)

La Tradition celtique a conservé et renouvelé la Tradition indo-européenne... une idéologie royale et héroïque...

 

Les données de la « religion cosmique » aussi bien que celles des « trois fonctions » donnent accès à l'univers mental des Celtes.

 

Le dossier indo-européen s'en trouve renforcé.

L'histoire de la civilisation et de la culture celtique s'élargissent ainsi vers les temps plus anciens tout en renforçant leur spécificité... »

 

Le schème notionnel des mieux attestés est celui des « trois fonctions » qui distingue et réunit les valeurs de souveraineté magico-religieuse et juridique / de force et d'expansion / et de production – reproduction.»...

 

///...

 

Notes : Bran du 05 09 2016

 

 

L'Origine de notre Tradition se dilue dans les brumes nordiques ou l'alternance de l'ombre et de la lumière connaît un autre type de variations que le nôtre et où le rapport au ciel diurne et nocturne revêt une bien plus grande importance....

 

L'Aurore telle qu'elle se manifeste aux sorties d'une vaste et très longue nuit boréale n'en est que plus splendide et émouvante...

 

Le mouvement particulier des astres et du déroulé des saisons ne pouvait que fortement marquer et inspirer l'esprit humain dont l'existence se trouve directement réglée par la particularité de ces conditions climatiques parfois très éprouvantes...

 

Emergeant dans la splendeur d'un océan de nuit et recouvrant de son drapé de feu et d'azur l'étendue des terres figées dans la glace, faisant fondre celle-ci afin que des nouveaux ruisseaux de vie irriguent, fertilisent et fécondent les territoires alentour (y compris ceux du cœur, de la pensée, de l'esprit et de l'âme) et tout ce qu'ils contiennent de vies présentes et en devenir, l'Aurore inonde de son rayonnement bienfaisant les blanches étendues des contrées hyperboréennes...

 

La souche de l'Arbre de Vie celtique plonge ses racines dans les hauts territoires du Blanc... Avec à ses pieds une jaillissante source où viendront s'abreuver et se désaltérer bien des entendements majeurs...

 

Notre humus, notre terreau, sensitif, intellectuel, est enraciné dans la tourbe et la glace polaire qui, la belle saison venue, se transforme en une prairie fleurie pétillante de vies, de senteurs, de formes et de couleurs...

 

S'il est un culte « premier », il ne peut être qu'en relation intime et profonde avec la rayonnante, l'éclatante, l'étincelante, l'irradiante, « Lumière »... Surtout quand cette Lumière, synonyme de Belle Saison, se fait attendre et désirée pendant de longs mois (jetant affres et angoisses sur la redoutable et redoutée « traversée hivernale !»...

 

D'où l'importance concédée, depuis les temps les plus anciens, au monde diurne par rapport au monde nocturne et les phases de passation d'un monde à l'autre (aurore et crépuscule teintés bien souvent de ce rouge qui évoque le sang de la vie, mais aussi la mort !)...

 

L'Aurore est Féminine ; d'Essence féminine, sourcière, souchière et matricielle... Et c'est en cela qu'elle prend tant d'importance et requière tant de considérations...

 

La Déesse augure de la Vie en toute ses lumineuses manifestations... Elle assure les passages et accompagne les âmes traversières avant qu'elles ne se conjoignent et se diluent dans l'Ame des âmes....

Elle est le mythe et ses archétypes lesquels échappent à toute tentative « d'historisation » et ne sauraient être contingentés et conditionnés en quelque forme que ce soit tant il relèvent des souffles et des fluides et des mondes éthériques et vibratoires...

 

Ils sont le patrimoine le plus ancien de toute l'humanité et demeurent le substrat le plus fertile et le plus fécond pour faire croître en conscience, lumière et rayonnement, l'Arbre de toute vie...

 

Le « Féminin » se doit donc de présider à toute élévation, à tout jaillissement, en tant qu'Essence émanée du Principe et chargée d'en manifester l'Anima...

 

Tout rituel druidique digne de ce nom devrait s'ouvrir en l'aube et l'aurore de ce « Féminin » et faire jaillir des ténèbres l'Enfant-Lumière fécondé par le Principe et enfanté par l'Essence...

 

Si « faire » acter, mettre en œuvre, entreprendre, construire... relève d'une fonction humaine fondamentale et « élémentaire » est à, pour origine du terme, un rapport « racinien » avec la poésie on ne s'étonnera pas alors que les Celtes vénéraient particulièrement la Déesse de l'Aurore (évoquée sous les noms de Brigit, Etain, Olwen, Morrigan, Belisama...) et qu'ils en en faisaient la patronne des médecins, des forgerons, mais aussi des... poètes  et la Mère des  Dieux !...

 

La Vie ne saurait en aucun cas être « souveraine » sans Elle, car c'est Elle qui offre à la Vie son sceptre, son épée, sa pierre, son chaudron, sa lance, son trône et sa couronne !...

 

Notre « royauté », qui est notre capacité, notre faculté, éclairée et maîtrisée, sage et « connaissante », consciente et cohérente, à « régenter » au mieux, avec équité et bon discernement, notre propre territoire existentiel, nos contrées intérieures, ne saurait être au monde sans cet adoubement du Féminin initiateur qui fait élection de notre candidature en fonction de la dignité et du mérite dont nos paroles et nos actes ont démontré l'étroite et lumineuse concordance...

 

Notre destinée se profile à travers Elle qui nous invite à cheminer sur une « Sente de lumière » afin de pouvoir, au terme de notre périple existentiel (la sente d'Abred) délaisser la sente pour épouser la pleine Lumière !...

 

Elle souhaite faire de chaque cheminant qui librement et volontairement, y consent, un « héros », un audacieux navigateur, un « passeur d'abysses », un « pont jeté sur des centaines d'abers », un « Chaudron d'abondance », une Epée de Lumière...

 

En Elle et par Elle le microcosme se conjoint et vibre avec le macrocosme !...

 

Le Verbe se fait Souffle et le Souffle manifeste le Verbe !...

 

Notre véritable « initiation » ne peut jaillir que du premier matin du monde dans l'aube resplendissante d'une nudité revêtue de Lumière.....

 

Certes, nous sommes « poussières d'étoiles » et le propre d'une étoile est de briller tant qu'il est possible de le faire ; étant fragment de la dite étoile nous faisons partie de son tout...

Lors, qui pourra nous empêcher de rayonner et de briller ?

Qui pourra nous maintenir dans les rets du monde nocturne en nous voilant indéfiniment    la face ?...

 

Rien ni personne sinon nous-mêmes !...

 

Et la Mère sera toujours là pour faire jaillir des ténèbres de notre sein l'Enfant-Solaire, l'Enfant-Lumière, porté dans les bras de l'Aurore et auréolé de son rayonnant sourire...

 

« ...Les évangélisateurs ont éliminé tout ce qui ne pouvait être toléré (les cosmogonies, les rites, les doctrines de fin dernières...)

On doit par conséquent recourir au comparatisme indo-européen pour prolonger la reconstruction interne et expliquer les mythes insulaires. »)... Philippe JOUET

 

Retenons ici, et de cela, que les les buts et les effets de la christianisation se sont concentrés sur l'éradication de tout ce qui pouvait, dans la pensée mythique et religieuse celtique, relever des « commencements et de la fin » et interdire tout accès à ces entendements en faisant disparaître les rites qui permettaient de se relier dans une totale compréhensions à ces deux données et de s'y conjoindre de corps, de cœur, d'âme et d'esprit...

 

La castration savamment opérée, il n'était plus, selon, eux de « relation » possible, plus d'éléments « fécondateurs », mais pour résultat obtenu, qu'une stérilité éternelle !...

 

C'était bien et stupidement se tromper sur les mythes et les archétypes qui ne cesseront jamais d'ensemencer les terreaux de vie qui s'offrent librement et volontairement à leurs semis immortels !...

 

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«... La conception cyclique du paganisme suppose le « retour des Dieux »... Philippe JOUET

« Dieux, ce sont les hommes, et un jour, ils sauront. » disait Jacques Brel quelque temps avant son grand départ... Il avait , ô combien, une saine et réelle vision de cette conception hautement et profondément spirituelle...

 

Ce terreau, cet humus, cette tourbe, ce sont nos « tripes » et celles-ci peuvent recevoir les emblaves de notre Tradition si nous savons en retourner la superficielle surface pour en faire rejaillir les fertiles et fécondes profondeurs !...

 

///...

 

Faisons un petit détour vers :

 

Des métamorphoses volontaires, maîtrisées ou subies...

 

« La métamorphose résulte essentiellement d'un pouvoir sur la forme qui n'implique pas nécessairement des modifications de l'essence. Elle se distingue de la réincarnation qui serait une renaissance de l'être dans un autre corps, avec discontinuité de l'essence et de la métempsycose « passage d'éléments physiques d'un corps dans un autre » dont la théorie est absente du domaine celtique.

D'une façon générale , la métamorphose accompagne un processus de changement d'état dont on ne peut tenter de préciser les fins et les modalités. » Philippe Jouet

 

« L'immortalité, pour le plus grand nombre, sa conception se limitait à la « subsistance des souffles » (type Anaon en Bretagne)...

(Le souffle individuel rejoint le souffle collectif) (C'est certainement ainsi qu'il faut interpréter la croyance en l'immortalité de l'âme.)

Ne pourrait-on envisager que le christianisme, en mettant l'accent

sur la mort individuelle, a bouleversé le sens de l'Au-delà ?»

 

Cette phrase des plus pertinentes vaudrait à elle seule bien des développements...

 

Elle apporte, une fois de plus, une fois encore, dés éléments argumentés, mais « mesurés », qui vont dans le sens de ce que je formule et étaye depuis bien des années en me heurtant sans cesse à l'affirmation redondante et catégorique de bien des frères et sœurs pour qui le druidisme prône la « réincarnation » individuelle ?!...

 

J'aurai à revenir sur cela....

 

« ...En tout état de cause, la notion de survie de l'être individuel et d'une âme qui lui serait propre en tant que tel n'est pas attesté dans le domaine celtique »... Philippe Jouet

 

A SUIVRE DONC...



05/09/2016
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